Module modus
Wild Modus rassemble des recherches, expérimentations collectives, références, intuitions, systèmes, objets, techniques et observations issus de domaines multiples : architecture, design, fabrication, construction, anthropologie, société, économie politique, technologies, usages, matières, territoires, culture visuelle ou outils numériques.
Pensé comme un espace libre d’exploration et de collecte, ce projet accueille aussi bien des pistes concrètes que des hypothèses inachevées, des essais, des archives, des réflexions prospectives, des documents techniques ou des formes émergentes encore instables. Certains contenus pourront trouver une application directe, d’autres resteront simplement comme traces d’une époque, d’une idée ou d’une tentative.
Wild Modus fonctionne avant tout comme un recueil transversal sans objectif unique ou finalité strictement définie. Il s’agit moins de produire des réponses que d’accumuler, relier, observer et conserver des éléments susceptibles de nourrir une compréhension plus large des transformations contemporaines.
L’ensemble compose progressivement une matière ouverte, évolutive et collective donnant une lecture du présent et laissant apparaître, parfois de manière imprévue, certaines intuitions ou directions possibles pour demain.
| Verantwoordelijke | Nathan Vandergeeten |
|---|---|
| Laatst bijgewerkt | 16-06-2026 |
| Doorlooptijd | 5 uur 7 minuten |
| Leden | 5 |
Economie
Alles weergevenFace à l’intensification des catastrophes climatiques et à la pression croissante sur le logement, les constructions modulaires et industrialisées connaissent un développement rapide au Portugal. Utilisés aussi bien pour le relogement d’urgence que pour des projets résidentiels, médicaux ou tertiaires, les modules préfabriqués et conteneurs maritimes apparaissent comme des solutions capables de répondre aux enjeux contemporains de rapidité, de coût et d’adaptabilité.
Le document met en lumière l’évolution des perceptions autour de l’habitat modulaire, désormais considéré comme une alternative crédible à la construction traditionnelle dans certains contextes. Grâce à des procédés industrialisés, une grande partie des éléments constructifs est fabriquée en atelier puis assemblée sur site, permettant une réduction importante des délais de chantier et une meilleure maîtrise des coûts.
Les exemples présentés montrent également comment ces systèmes constructifs participent au développement de nouvelles stratégies de résilience urbaine, particulièrement dans les situations post-catastrophe, tout en ouvrant des perspectives plus larges pour l’évolution des modes de construire contemporains.
Référence bibliographique :
« Logement. Habiter dans un conteneur ? Face aux sinistres, l’habitat modulaire gagne du terrain au Portugal ». Courrier international, 16 mai 2026.
Référence bibliographique détaillée :
COURRIER INTERNATIONAL. « Logement. Habiter dans un conteneur ? Face aux sinistres, l’habitat modulaire gagne du terrain au Portugal ». Courrier international, rubrique Société / Portugal / Logement, publié le 16 mai 2026 à 13h21 et mis à jour le 16 mai 2026 à 17h44. Article consacré à l’essor des constructions modulaires, préfabriquées et réalisées à partir de conteneurs maritimes dans le contexte des catastrophes climatiques et de la crise du logement au Portugal.
Gouvernance
Alles weergevenL’article retrace l’histoire singulière de Freistadt, une petite ville autrichienne dont l’organisation sociale et économique reste profondément liée à la bière depuis le Moyen Âge. Dès 1363, le duc Rodolphe IV accorde aux citoyens le droit de brasser leur propre bière. Ce privilège était réservé aux propriétaires de maisons situées à l’intérieur des remparts, créant ainsi un lien direct entre propriété immobilière, statut social et activité économique. Au XVIIIe siècle, les habitants rachètent collectivement une brasserie extérieure à la ville et institutionnalisent un modèle communal unique : chaque maison du centre historique devient associée à des parts de la brasserie.
Sur le plan économique, la brasserie fonctionne selon une logique coopérative ancienne. Les parts ne sont pas exprimées en pourcentage mais en « seaux » (« Eimer »), ancienne unité de mesure correspondant à 56 litres. La valeur des droits dépend historiquement de la taille des maisons. Aujourd’hui encore, les propriétaires perçoivent une rémunération, désormais financière et non plus en bière. Ce modèle favorise une économie relativement stable et enracinée localement : les bénéfices sont largement réinvestis dans l’entreprise plutôt que distribués massivement aux actionnaires. La possession d’une maison dans la vieille ville augmente également la valeur du bien immobilier grâce au prestige associé à la copropriété de la brasserie.
Du point de vue de la gouvernance, Freistadt constitue un exemple rare de gouvernance communautaire héritée d’un système préindustriel. Les propriétaires disposent d’un droit de vote et participent chaque année à une assemblée générale examinant les résultats de la brasserie. L’administrateur agit comme représentant des copropriétaires et peut intervenir dans la gestion si celle-ci ne correspond plus aux attentes collectives. Le pouvoir économique reste donc fortement ancré dans la communauté locale, contrairement aux modèles industriels contemporains dominés par des groupes internationaux.
Anthropologiquement, l’article montre comment une activité économique peut devenir un élément structurant de l’identité collective. La brasserie dépasse la simple fonction de production : elle agit comme symbole culturel, mémoire historique et facteur d’appartenance sociale. Les habitants se disent fiers d’être copropriétaires de cette institution, ce qui explique la rareté des ventes immobilières dans le centre historique. L’héritage brassicole participe ainsi à la cohésion sociale, à la transmission intergénérationnelle et à la construction d’une identité urbaine spécifique. La ville apparaît comme un exemple de patrimoine vivant où économie, culture et organisation sociale restent intimement liées.
HANNSOLER, Lara, « La dernière ville-brasserie d’Europe », Courrier international, n° 1852, du 30 avril au 6 mai 2026, traduction d’un article publié dans Wiener Zeitung le 13 mars 2026.
Les frontières de ce qui est considéré comme acceptable, tolérable ou au contraire choquant évoluent continuellement au sein des sociétés contemporaines. Certaines idées autrefois marginales ou jugées impensables finissent progressivement par entrer dans le débat public, être discutées, médiatisées puis parfois normalisées. Cette réflexion explore les mécanismes psychologiques, sociaux et médiatiques qui participent à ces déplacements progressifs des normes collectives et des seuils de tolérance.
Les analyses développées montrent que ce que nous percevons comme « normal » ne relève pas uniquement de convictions individuelles, mais se construit collectivement à travers les interactions sociales, les discours politiques, les médias, les figures d’autorité et les dynamiques de groupe. Les recherches en psychologie sociale mobilisées mettent en évidence le rôle central de la répétition, de la visibilité médiatique et de la légitimation institutionnelle dans la transformation progressive des représentations collectives.
La réflexion s’appuie notamment sur les travaux de Muzafer Sherif, Solomon Asch, Albert Bandura ou encore Damon Centola afin d’expliquer comment certaines idées gagnent progressivement en acceptabilité sociale lorsqu’elles sont relayées par des acteurs perçus comme légitimes ou intégrées durablement dans l’espace public. Les phénomènes de « contagion complexe », de normalisation sociale ou d’apprentissage par imitation y sont mobilisés pour analyser les évolutions contemporaines des débats politiques et culturels.
Une attention particulière est également portée au rôle des médias dans la construction de l’agenda public. En donnant une visibilité répétée à certains thèmes ou discours, même controversés, les environnements médiatiques participent à modifier les cadres de perception collectifs et les limites du pensable. Les exemples contemporains liés aux discours sur l’immigration, l’extrême droite ou encore la criminalisation de certains mouvements écologistes illustrent ces mécanismes de déplacement progressif des normes sociales et politiques.
L’ensemble rappelle toutefois que ces processus ne sont ni automatiques ni irréversibles. Les sociétés développent également des formes de résistance, de vigilance critique et de réaffirmation morale face à certaines évolutions jugées dangereuses ou incompatibles avec des principes fondamentaux. Les exemples historiques liés à Simone Veil ou Robert Badinter montrent ainsi comment certaines transformations progressistes ont elles aussi déplacé les seuils du tolérable en redéfinissant publiquement les cadres éthiques et juridiques de leur époque.
Référence bibliographique :
D’ALEXANDRY, Lee-Ann ; GIRANDOLA, Fabien ; SOUCHET, Lionel. « Opinions et idées : comment les frontières de ce qui est acceptable ou intolérable se déplacent-elles dans notre société ? ». Slate.fr, rubrique Société, publié le 24 mai 2026 à 17h00. Texte consacré aux mécanismes psychologiques et sociaux de normalisation des idées dans l’espace public contemporain, mobilisant des travaux issus de la psychologie sociale, des sciences politiques et des sciences de la communication afin d’analyser les transformations des seuils collectifs de l’acceptable et du tolérable. Contribution de Lee-Ann d’Alexandry, psychologue clinicienne et doctorante en psychologie sociale à l’université d’Aix-Marseille, Fabien Girandola, professeur de psychologie sociale à l’université d’Aix-Marseille, et Lionel Souchet, maître de conférences en psychologie sociale et communication à l’université d’Aix-Marseille. Texte republié depuis The Conversation sous licence Creative Commons.
Machine
Alles weergevenLes terres rares occupent aujourd’hui une place stratégique dans les équilibres industriels, technologiques et géopolitiques mondiaux. Utilisées dans les véhicules électriques, les éoliennes, les systèmes militaires ou les technologies numériques, elles sont devenues essentielles à la transition énergétique et à l’industrie contemporaine. Dans ce contexte, la découverte et le développement du gisement de Fensfeltet, en Norvège, pourraient profondément modifier la dépendance européenne vis-à-vis de la Chine, qui domine actuellement le marché mondial du raffinage et de l’exportation de ces métaux critiques.
Le développement potentiel de cette mine soulève toutefois des enjeux complexes mêlant souveraineté industrielle, transition écologique, protection de la biodiversité et financement public. Les réflexions présentées mettent en lumière les tensions croissantes entre impératifs climatiques, besoins technologiques et préservation des milieux naturels, dans un contexte où l’Europe cherche à sécuriser ses ressources stratégiques tout en réduisant sa vulnérabilité géopolitique.

Référence bibliographique détaillée :
« Fensfeltet, le gisement norvégien qui pourrait rendre l’Europe autosuffisante en terres rares ». Courrier international, rubrique Ressources / Géopolitique / Transition énergétique, publié le 28 mai 2026. Analyse consacrée au développement du gisement norvégien de Fensfeltet, considéré comme l’une des plus importantes réserves européennes de terres rares, et aux enjeux géopolitiques, environnementaux et industriels liés à l’autonomie stratégique européenne dans le domaine des métaux critiques.
Politiken (Copenhague)Work Modus
Alles weergevenDans cet article publié par Le Monde, Thomas Lestavel analyse un phénomène de plus en plus dénoncé dans les entreprises contemporaines : l’accumulation de réunions, de reportings et de sollicitations numériques qui empêchent les salariés de réaliser le cœur de leur métier. À travers de nombreux témoignages, l’auteur met en évidence une organisation du travail devenue paradoxalement contre-productive. Alors que les outils numériques étaient censés améliorer la coordination et l’efficacité, ils contribuent souvent à fragmenter les journées, à accroître la charge mentale et à dégrader l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. L’article interroge ainsi les transformations du management, les logiques de contrôle et les conséquences humaines d’un travail de plus en plus occupé à s’organiser lui-même plutôt qu’à produire de la valeur.
Référence bibliographique
LESTAVEL, Thomas. « Je passe trente heures par semaine en réunion, c’est un gâchis monumental » : quand les entreprises empêchent leurs salariés de travailler. Le Monde, 27 mai 2026. Article de la rubrique Économie, enquête consacrée à la surcharge organisationnelle, à la multiplication des réunions et à leurs effets sur les salariés.
Références complémentaires citées ou mobilisées dans l’article
Gallup. State of the Global Workplace 2026. Étude internationale sur l’engagement des salariés au travail, mentionnée pour souligner la faible proportion de travailleurs se déclarant réellement engagés dans leur activité professionnelle.
Microsoft. Work Trend Index 2025. Rapport fondé sur l’analyse de milliers d’entreprises et de milliards de données numériques, cité pour documenter l’explosion des interruptions, des courriels et des réunions dans le quotidien professionnel.
PEZÉ, Marie. Psychologue du travail et coordinatrice du réseau Souffrance et Travail. Ses analyses sont mobilisées pour expliquer les conséquences psychologiques de la surcharge organisationnelle et de la perte de temps de travail utile.
BRETON, Daphnée. Psychologue du travail. Ses observations cliniques permettent de mettre en lumière les effets de la « qualité empêchée » sur le sens du travail, l’épuisement professionnel et l’estime de soi des salariés.
LINHART, Danièle. Sociologue du travail et directrice de recherche émérite au CNRS. Ses travaux sont invoqués pour analyser les logiques de contrôle, de management et de multiplication des dispositifs de coordination dans les organisations contemporaines.
Deskeo. Enquête réalisée auprès de salariés français en 2024 sur l’efficacité des réunions professionnelles, montrant qu’une très large majorité les considère comme peu utiles ou inefficaces.
Blue green modus
Alles weergevenLe développement économique a longtemps été associé à une trajectoire considérée comme presque universelle : industrialisation massive, exploitation du charbon, dépendance au pétrole et au gaz, puis transition progressive vers des énergies plus propres une fois la prospérité atteinte. Cette réflexion interroge la possibilité qu’un pays comme l’Inde emprunte désormais une voie différente, en accédant directement à une économie davantage fondée sur l’électricité et les énergies renouvelables plutôt que sur une longue phase dominée par les combustibles fossiles.
Référence bibliographique détaillée :
POURSAIN, Clément. « L’Inde va-t-elle sauter l’étape des énergies fossiles pour entrer directement dans l’ère électrique ? ». Slate.fr, rubrique Monde, publié le 23 mai 2026 à 9h55. Analyse consacrée aux transformations du modèle énergétique indien et à la possibilité d’un développement économique davantage fondé sur l’électrification et les énergies renouvelables que sur une dépendance prolongée aux combustibles fossiles. Le texte s’appuie notamment sur une analyse du groupe de réflexion Ember relayée par Forbes et examine les enjeux industriels, technologiques, géopolitiques et environnementaux liés à l’évolution du système énergétique indien dans un contexte mondial de transition énergétique.