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Wild Modus

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Wild Modus rassemble des recherches, expérimentations collectives, références, intuitions, systèmes, objets, techniques et observations issus de domaines multiples : architecture, design, fabrication, construction, anthropologie, société, économie politique, technologies, usages, matières, territoires, culture visuelle ou outils numériques.

Pensé comme un espace libre d’exploration et de collecte, ce projet accueille aussi bien des pistes concrètes que des hypothèses inachevées, des essais, des archives, des réflexions prospectives, des documents techniques ou des formes émergentes encore instables. Certains contenus pourront trouver une application directe, d’autres resteront simplement comme traces d’une époque, d’une idée ou d’une tentative.

Wild Modus fonctionne avant tout comme un recueil transversal sans objectif unique ou finalité strictement définie. Il s’agit moins de produire des réponses que d’accumuler, relier, observer et conserver des éléments susceptibles de nourrir une compréhension plus large des transformations contemporaines.

L’ensemble compose progressivement une matière ouverte, évolutive et collective donnant une lecture du présent et laissant apparaître, parfois de manière imprévue, certaines intuitions ou directions possibles pour demain.

Cours privé
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Responsable Nathan Vandergeeten
Dernière mise à jour 16/06/2026
Temps d'achèvement 5 heures 7 minutes
Membres 5
Créativité Curiosité Anthropologie Optimisme Innovation Technique Construction Veille Outil
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Opinions et idées: comment les frontières de ce qui est acceptable ou intolérable se déplacent-elles dans notre société?

Les frontières de ce qui est considéré comme acceptable, tolérable ou au contraire choquant évoluent continuellement au sein des sociétés contemporaines. Certaines idées autrefois marginales ou jugées impensables finissent progressivement par entrer dans le débat public, être discutées, médiatisées puis parfois normalisées. Cette réflexion explore les mécanismes psychologiques, sociaux et médiatiques qui participent à ces déplacements progressifs des normes collectives et des seuils de tolérance. 

Les analyses développées montrent que ce que nous percevons comme « normal » ne relève pas uniquement de convictions individuelles, mais se construit collectivement à travers les interactions sociales, les discours politiques, les médias, les figures d’autorité et les dynamiques de groupe. Les recherches en psychologie sociale mobilisées mettent en évidence le rôle central de la répétition, de la visibilité médiatique et de la légitimation institutionnelle dans la transformation progressive des représentations collectives. 

La réflexion s’appuie notamment sur les travaux de Muzafer Sherif, Solomon Asch, Albert Bandura ou encore Damon Centola afin d’expliquer comment certaines idées gagnent progressivement en acceptabilité sociale lorsqu’elles sont relayées par des acteurs perçus comme légitimes ou intégrées durablement dans l’espace public. Les phénomènes de « contagion complexe », de normalisation sociale ou d’apprentissage par imitation y sont mobilisés pour analyser les évolutions contemporaines des débats politiques et culturels. 

Une attention particulière est également portée au rôle des médias dans la construction de l’agenda public. En donnant une visibilité répétée à certains thèmes ou discours, même controversés, les environnements médiatiques participent à modifier les cadres de perception collectifs et les limites du pensable. Les exemples contemporains liés aux discours sur l’immigration, l’extrême droite ou encore la criminalisation de certains mouvements écologistes illustrent ces mécanismes de déplacement progressif des normes sociales et politiques. 

L’ensemble rappelle toutefois que ces processus ne sont ni automatiques ni irréversibles. Les sociétés développent également des formes de résistance, de vigilance critique et de réaffirmation morale face à certaines évolutions jugées dangereuses ou incompatibles avec des principes fondamentaux. Les exemples historiques liés à Simone Veil ou Robert Badinter montrent ainsi comment certaines transformations progressistes ont elles aussi déplacé les seuils du tolérable en redéfinissant publiquement les cadres éthiques et juridiques de leur époque. 

Référence bibliographique :

D’ALEXANDRY, Lee-Ann ; GIRANDOLA, Fabien ; SOUCHET, Lionel. « Opinions et idées : comment les frontières de ce qui est acceptable ou intolérable se déplacent-elles dans notre société ? ». Slate.fr, rubrique Société, publié le 24 mai 2026 à 17h00. Texte consacré aux mécanismes psychologiques et sociaux de normalisation des idées dans l’espace public contemporain, mobilisant des travaux issus de la psychologie sociale, des sciences politiques et des sciences de la communication afin d’analyser les transformations des seuils collectifs de l’acceptable et du tolérable. Contribution de Lee-Ann d’Alexandry, psychologue clinicienne et doctorante en psychologie sociale à l’université d’Aix-Marseille, Fabien Girandola, professeur de psychologie sociale à l’université d’Aix-Marseille, et Lionel Souchet, maître de conférences en psychologie sociale et communication à l’université d’Aix-Marseille. Texte republié depuis The Conversation sous licence Creative Commons.

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Opinions et idées: comment les frontières de ce qui est acceptable ou intolérable se déplacent-elles dans notre société?

Les frontières de ce qui est considéré comme acceptable, tolérable ou au contraire choquant évoluent continuellement au sein des sociétés contemporaines. Certaines idées autrefois marginales ou jugées impensables finissent progressivement par entrer dans le débat public, être discutées, médiatisées puis parfois normalisées. Cette réflexion explore les mécanismes psychologiques, sociaux et médiatiques qui participent à ces déplacements progressifs des normes collectives et des seuils de tolérance. 

Les analyses développées montrent que ce que nous percevons comme « normal » ne relève pas uniquement de convictions individuelles, mais se construit collectivement à travers les interactions sociales, les discours politiques, les médias, les figures d’autorité et les dynamiques de groupe. Les recherches en psychologie sociale mobilisées mettent en évidence le rôle central de la répétition, de la visibilité médiatique et de la légitimation institutionnelle dans la transformation progressive des représentations collectives. 

La réflexion s’appuie notamment sur les travaux de Muzafer Sherif, Solomon Asch, Albert Bandura ou encore Damon Centola afin d’expliquer comment certaines idées gagnent progressivement en acceptabilité sociale lorsqu’elles sont relayées par des acteurs perçus comme légitimes ou intégrées durablement dans l’espace public. Les phénomènes de « contagion complexe », de normalisation sociale ou d’apprentissage par imitation y sont mobilisés pour analyser les évolutions contemporaines des débats politiques et culturels. 

Une attention particulière est également portée au rôle des médias dans la construction de l’agenda public. En donnant une visibilité répétée à certains thèmes ou discours, même controversés, les environnements médiatiques participent à modifier les cadres de perception collectifs et les limites du pensable. Les exemples contemporains liés aux discours sur l’immigration, l’extrême droite ou encore la criminalisation de certains mouvements écologistes illustrent ces mécanismes de déplacement progressif des normes sociales et politiques. 

L’ensemble rappelle toutefois que ces processus ne sont ni automatiques ni irréversibles. Les sociétés développent également des formes de résistance, de vigilance critique et de réaffirmation morale face à certaines évolutions jugées dangereuses ou incompatibles avec des principes fondamentaux. Les exemples historiques liés à Simone Veil ou Robert Badinter montrent ainsi comment certaines transformations progressistes ont elles aussi déplacé les seuils du tolérable en redéfinissant publiquement les cadres éthiques et juridiques de leur époque. 

Référence bibliographique :

D’ALEXANDRY, Lee-Ann ; GIRANDOLA, Fabien ; SOUCHET, Lionel. « Opinions et idées : comment les frontières de ce qui est acceptable ou intolérable se déplacent-elles dans notre société ? ». Slate.fr, rubrique Société, publié le 24 mai 2026 à 17h00. Texte consacré aux mécanismes psychologiques et sociaux de normalisation des idées dans l’espace public contemporain, mobilisant des travaux issus de la psychologie sociale, des sciences politiques et des sciences de la communication afin d’analyser les transformations des seuils collectifs de l’acceptable et du tolérable. Contribution de Lee-Ann d’Alexandry, psychologue clinicienne et doctorante en psychologie sociale à l’université d’Aix-Marseille, Fabien Girandola, professeur de psychologie sociale à l’université d’Aix-Marseille, et Lionel Souchet, maître de conférences en psychologie sociale et communication à l’université d’Aix-Marseille. Texte republié depuis The Conversation sous licence Creative Commons.

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Comment réconcilier les villes et les campagnes ? | Les idées larges | ARTE

L’urbanisation massive du monde est ici interrogée à travers une réflexion critique sur la rupture progressive entre architecture, agriculture et territoires vivants. En s’appuyant sur les travaux de l’architecte et théoricien Sébastien Marot, l’ensemble propose de repenser les liens historiques entre villes, campagnes, production alimentaire et modes d’habiter face aux limites écologiques contemporaines.

Les analyses développées montrent comment l’expansion continue des villes, l’industrialisation agricole et l’exode rural ont progressivement dissocié les espaces de vie des espaces de production. Cette séparation est présentée comme l’un des fondements des déséquilibres environnementaux actuels, mais également comme une transformation culturelle profonde du rapport humain au territoire, à la nature et aux ressources.

La réflexion explore également les perspectives d’un monde « post-urbain », dans lequel l’architecture, l’agriculture et l’aménagement du territoire seraient repensés de manière plus locale, résiliente et écologique. Les notions de permaculture, de sobriété énergétique, de relocalisation et de réconciliation entre ville et campagne y occupent une place centrale.

Référence bibliographique :

ARTE. Les idées larges — Réconcilier architecture et agriculture avec Sébastien Marot. Série documentaire. France : ARTE, 2025.

Référence bibliographique détaillée :

BOUSENNA, Youness. Les idées larges — Réconcilier architecture et agriculture avec Sébastien Marot. Épisode de la série documentaire Les idées larges, réalisé par Jean-Baptiste Mihout et Youness Bousenna, produit par Upian Productions pour ARTE, 2025. Entretien consacré aux relations historiques entre architecture, agriculture et urbanisation à travers les travaux de Sébastien Marot, enseignant à l’École d’architecture de la ville & des territoires de l’université Gustave-Eiffel et auteur de Prendre la clef des champs (Wildproject, 2024). Réflexion portant sur les limites de l’urbanisation contemporaine, les enjeux écologiques des territoires et les perspectives de réconciliation entre espaces urbains et ruraux. Disponible sur YouTube — ARTE.

La dernière Ville Brasserie d'Europe
La dernière Ville Brasserie d'Europe
Aperçu

L’article retrace l’histoire singulière de Freistadt, une petite ville autrichienne dont l’organisation sociale et économique reste profondément liée à la bière depuis le Moyen Âge. Dès 1363, le duc Rodolphe IV accorde aux citoyens le droit de brasser leur propre bière. Ce privilège était réservé aux propriétaires de maisons situées à l’intérieur des remparts, créant ainsi un lien direct entre propriété immobilière, statut social et activité économique. Au XVIIIe siècle, les habitants rachètent collectivement une brasserie extérieure à la ville et institutionnalisent un modèle communal unique : chaque maison du centre historique devient associée à des parts de la brasserie. 

Sur le plan économique, la brasserie fonctionne selon une logique coopérative ancienne. Les parts ne sont pas exprimées en pourcentage mais en « seaux » (« Eimer »), ancienne unité de mesure correspondant à 56 litres. La valeur des droits dépend historiquement de la taille des maisons. Aujourd’hui encore, les propriétaires perçoivent une rémunération, désormais financière et non plus en bière. Ce modèle favorise une économie relativement stable et enracinée localement : les bénéfices sont largement réinvestis dans l’entreprise plutôt que distribués massivement aux actionnaires. La possession d’une maison dans la vieille ville augmente également la valeur du bien immobilier grâce au prestige associé à la copropriété de la brasserie. 

Du point de vue de la gouvernance, Freistadt constitue un exemple rare de gouvernance communautaire héritée d’un système préindustriel. Les propriétaires disposent d’un droit de vote et participent chaque année à une assemblée générale examinant les résultats de la brasserie. L’administrateur agit comme représentant des copropriétaires et peut intervenir dans la gestion si celle-ci ne correspond plus aux attentes collectives. Le pouvoir économique reste donc fortement ancré dans la communauté locale, contrairement aux modèles industriels contemporains dominés par des groupes internationaux. 

Anthropologiquement, l’article montre comment une activité économique peut devenir un élément structurant de l’identité collective. La brasserie dépasse la simple fonction de production : elle agit comme symbole culturel, mémoire historique et facteur d’appartenance sociale. Les habitants se disent fiers d’être copropriétaires de cette institution, ce qui explique la rareté des ventes immobilières dans le centre historique. L’héritage brassicole participe ainsi à la cohésion sociale, à la transmission intergénérationnelle et à la construction d’une identité urbaine spécifique. La ville apparaît comme un exemple de patrimoine vivant où économie, culture et organisation sociale restent intimement liées.



HANNSOLER, Lara, « La dernière ville-brasserie d’Europe », Courrier international, n° 1852, du 30 avril au 6 mai 2026, traduction d’un article publié dans Wiener Zeitung le 13 mars 2026.